Je travaille la pâte de grès
Jean-Luc Foment, Eau, Terre, Feu, Ceramique, Poterie, Saint-Rambert-en-Bugey
Les terres de grès sont originaires de la Puisaye, de Treigny ou St-Amand, ainsi que de Westerwald en Allemagne et de la région de Giron en Espagne. Leurs couleurs, après cuisson, varient du gris au rouge sombre selon leur teneur en oxyde de fer.
Je mélange régulièrement les terres entre elles afin de laisser l'alchimie intervenir entre les émaux et le mélange de la terre pendant la cuisson. Mon inspiration est avant tout issue de la nature de mon lieu de vie et de pratique.
Les bols de formes irrégulières qui sont présentés sont des bols à thé, chawan, réalisés en sculptant dans la masse avec des mirettes et des outils métalliques ou en bois. Travail lent, jusqu'à 15 heures de mise en œuvre, méditatif, qui permet d'atteindre le for intérieur de l'être et de lâcher prise. Les pièces tournées sont réalisées soit sur un tour à bâton mu par mon énergie de l'instant, soit sur un tour électrique.
Je pratique, dans l'ensemble, un émaillage à la cendre. Effectivement les cendres de tous les végétaux sont des émaux. Associées à un fondant, feldspath, ou non, les cendres se mettent en fusion à 1280°C. Par ailleurs j'utilise un émail de type Shino de ma facture, mélange de terre avec une teneur en oxyde de fer et feldspath.
Les cuissons sont réalisées dans trois fours différents : électrique, au gaz, au bois. Les pièces résident au minimum 24 heures, montée de température et refroidissement compris, dans le four qui atteint 1280°C en fin de cycle.
Jean-Luc Foment, Eau, Terre, Feu, Ceramique, Poterie, Saint-Rambert-en-Bugey
La cuisson électrique se réalise grâce à un programmateur qui ne demande que le réglage avant la mise en route. Le résultat est sans surprise.
La cuisson au gaz demande une présence permanente du céramiste, environ 12 heures, qui intervient pendant la cuisson afin d'obtenir des effets de réductions d'oxygène pour accentuer les couleurs. Effectivement lorsque l'on coupe l'oxygène dans un foyer, les flammes recherchent cet élément dans la masse des pièces en cuisson. Ainsi obtient-on des effets de couleurs non maîtrisés. C'est l'intérêt de ce mode de cuisson qui demande une prise de risques pour le potier.
La cuisson au bois est la plus risquée qui soit. Elle peut se solder par une perte de 50%. C'est une cuisson à flamme directe sur des pièces non émaillées ou très peu émaillées. Effectivement le potier et ses collègues, 10 personnes pour mener une telle cuisson à bien, alimentent le feu 24/24. Douze stères de bois pour un four de 2 m3 pendant 5 à 6 jours. La cendre, qui vole sur les pièces pendant l'exercice de chauffe, se dépose et se met en fusion lorsque la température de 1280° est atteinte. Cette cuisson permet une palette de couleurs allant des bruns jusqu'aux gris bleu en passant par des verts et jaunes. Elle met également, sans être systématique, des déformations en place.
Je vous remercie pour votre attention et l'intérêt que vous réservez à mon travail que je partage avec vous.
Jean-Luc FROMENT
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